samedi 8 août 2015

8 août, journée mondiale du démon


"Le XXe siècle, qui crut si peu au diable, les plus mécréants confessent son diabolisme aigu, mais ils ne parviennent pas à faire le rapprochement, et ils en restent à une vision grossière qui leur blanchit les mains. Parce qu'il y a eu Hitler et Staline, bien sûr. Mais il y eut aussi les alliés, et cette date merveilleuse qui conviendrait parfaitement à une journée mondiale du Démon (sous le patronage de l'Unesco) : le 8 août 1945. 

C'est le jour où le tribunal militaire de Nuremberg à juridiquement codifié la notion de crime contre l'Humanité. Le surlendemain d'Hiroshima. La veille de Nagasaki. En sorte que ceux-là qui dénonçaient le grand crime étaient aussi ceux qui, ayant sous les yeux les effets de la première, larguaient la deuxième bombe...

Le 8 août, c'est aussi la fête de saint Dominique. Un jour, un religieux lui demanda : maître Dominique, ces grands malheurs ne finiront jamais ? Il ne répondit qu'après un long silence : Certainement, elle finira, cette méchanceté... Elle finira, mais le terme est lointain. Beaucoup verseront leur sang dans l'intervalle."

Fabrice Hadjadj, La foi des démons.

vendredi 24 juillet 2015

Prière à Louis et Zélie


Louis et Zélie Martin, 

vous qui dans votre vie de couple et de parents, avez donné le témoignage d'une vie chrétienne exemplaire, par l'exercice de votre devoir d'état et la pratique des vertus évangéliques, nous nous tournons vers vous aujourd'hui. Que l'exemple de votre confiance inébranlable en Dieu et de votre abandon constant à sa volonté, à travers les joies mais aussi les épreuves, les deuils et les souffrances dont votre vie a été jalonnée, nous encourage à persévérer dans nos difficultés quotidiennes et à demeurer dans la joie et l'espérance chrétiennes. Intercédez pour nous auprès du Père pour que nous obtenions les grâces dont nous avons tant besoin aujourd'hui dans notre vie terrestre et que nous parvenions comme vous à la béatitude éternelle. 

Amen.

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lundi 20 juillet 2015

"Dans la main de la terre"


"Il y avait peut-être cent ans qu'elle était là,
ou peut-être juste un instant.

Le vent de la nuit lui caressait le visage.

Je ne saurais vous dire où était son pays
Où était sa maison. 
Si elle était femme de marin, de paysan, d'exilé ou
d'émigrant.
Si elle avait franchi la mer, une montagne ou
l'océan.

La terre semblait être derrière elle...

jeudi 16 juillet 2015

Sexe et péché originel : les corps désunis

 1 - Un peu plus qu'une pomme


Quand une fois la liberté a explosé dans une âme d'homme, les dieux ne peuvent plus rien contre cet homme-là.  (Jean-Paul Sartre)
Imaginez un jardin ensoleillé, fleurant bon le printemps. Ève, jeune femme pleine de vie, au regard rieur et aux courbes généreuses, papillonne dans une prairie en fleurs, nue comme un vers et s'en en éprouver aucune gêne. Voilà que son innocente balade la conduit auprès d'un grand arbre charnu, couvert de fruits. C'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal, celui-là même sur lequel repose l'interdit divin. L'interdit, cette notion pénible qui semble violer notre liberté... « Suffit-toi toi-même », lui susurre le serpent à l'oreille. Il ne parlera pas beaucoup plus avant que la belle, sensuelle et délicate, s'approche de l'arbre et effleure de ses doigts la peau lisse et brillante d'un fruit pendu à l'une des branches. Ève sent le désir monter en elle, un frisson le long de sa nuque... L'excitation née de la transgression. Quel mal y aurait-il à se faire du bien, dans ce lieu voué au bonheur et à l'insouciance ? Dieu ne se contredirait-il pas lui-même en voulant restreindre la divine liberté ? Trop réfléchir est usant. Écouter son instinct, obéir à son ventre brûlant, est parfois plus rassurant. En un instant, ses longues mains décrochent l’objet convoité et le mènent jusque sa bouche gourmande. Et sans que le ciel ne lui tombe encore sur la tête, ses belles dents blanches s'enfoncent dans la chaire juteuse du fruit. Sa langue goûte le parfum sucré qui s'en dégage, son palais jouit de ce plaisir fugace. « Adam, où est Adam? Il faut qu'il sache ! » Il arrive, Ève, et en courant. Car il est aussi libre et sot que toi.

jeudi 9 juillet 2015

"Grèce ! Grèce ! Grèce ! tu meurs." (Victor Hugo)



"Depuis assez longtemps les peuples disaient : « Grèce ! 

Grèce ! Grèce ! tu meurs. Pauvre peuple en détresse, 
A l'horizon en feu chaque jour tu décroîs. 
En vain, pour te sauver, patrie illustre et chère, 
Nous réveillons le prêtre endormi dans sa chaire, 
En vain nous mendions une armée à nos rois.

« Mais les rois restent sourds, les chaires sont muettes. 
Ton nom n'échauffe ici que des cœurs de poètes. 
A la gloire, à la vie on demande tes droits. 
A la croix grecque, Hellé, ta valeur se confie. 
C'est un peuple qu'on crucifie ! 
Qu'importe, hélas ! sur quelle croix !"




Victor Hugo, Les orientales, 1829

mardi 7 juillet 2015

De la dette (JPII)


"Le principe que les dettes doivent être payées est assurément juste ; mais il n'est pas licite de demander et d'exiger un paiement quand cela reviendrait à imposer en fait des choix politiques de nature à pousser à la faim et au désespoir des populations entières. On ne saurait prétendre au paiement des dettes contractées si c'est au prix de sacrifices insupportables. Dans ces cas, il est nécessaire — comme du reste cela est entrain d'être partiellement fait — de trouver des modalités d'allégement, de report ou même d'extinction de la dette, compatibles avec le droit fondamental des peuples à leur subsistance et à leur progrès."

Jean-Paul II, Centesimus annus, 1991.

lundi 6 juillet 2015

Détruire la misère (Victor Hugo)



« Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. 

Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. »

Victor Hugo,
Discours à l’Assemblée nationale, 9 juillet 1849